Publié par : Sans Compromis | novembre 4, 2010

Les jeunes en embuscade

Aujourd’hui, les syndicats se mobilisent une nouvelle fois contre la réforme des retraites. Les lycéens et les étudiants pourraient donner un nouvel élan à un mouvement social en perte de vitesse.

L’essoufflement du mouvement social, qui agite le pays depuis près de deux mois, n’est pas perceptible à Toulouse. C’est, en tout cas, le sentiment partagé par les organisations syndicales qui multiplient les actions (voir encadré). Les militants rejettent le terme « d’essoufflement » et parlent au contraire « d’un nouveau souffle » que peut constituer l’entrée dans le mouvement des étudiants.

« Des blocages pourraient être envisagés »

« Les étudiants ont leur rôle à jouer, insiste Jean-Claude Cathala, chargé de la communication à la CGT. Le mouvement a sans doute besoin de leur fraîcheur. »

Aujourd’hui, les élèves de l’université du Mirail doivent se prononcer en assemblée générale sur l’instauration de piquets de grève qui entraîneraient le blocage de la faculté. « On est favorable à des blocages occasionnels, notamment les jours de mobilisation nationale, explique Romain Boix, président départemental du syndicat étudiant Unef. La mobilisation risque de faiblir si l’université se vide de ses occupants. »

Les vacances scolaires ne semblent pas avoir démotivé les lycéens qui reprennent les cours aujourd’hui. « Nous allons organiser des réunions d’information dans les établissements scolaires, raconte Clémence Maulat, présidente du syndicat lycéen UNL 31. Des blocages de lycées pourraient être envisagés dès la semaine prochaine. »

Une manifestation étudiante, à laquelle se joindront les lycéens, doit se dérouler aujourd’hui. Le cortège quittera la place Saint-Cyprien à 10 heures.


Une nouvelle action à l’aéroport

Une action d’envergure doit avoir lieu ce matin à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Des salariés du secteur privé (Freescale, Continental,…), de la fonction publique ainsi que des étudiants participent à cette opération. L’objectif étant de perturber, pendant quelques heures, la circulation à proximité de la zone aéroportuaire afin « de démontrer la motivation des grévistes », souligne Xavier de la CGT-Cheminot.

Une action du même type avait déjà « paralysé » l’aéroport le 20 octobre dernier. plus d’infos


Marchant: la grève dure

Devant l’hôpital Marchant de Toulouse, le personnel gréviste s’est « sédentarisé » (1). Depuis le 18 octobre, des tentes, dans lesquelles les grévistes passent 24 heures/24, sont dressées à l’entrée de l’établissement. Des drapeaux à l’effigie des organisations syndicales, accrochés aux feux de signalisation, ou encore des banderoles fustigeant « la retraite à 67 ans » interpellent les automobilistes qui circulent sur la route d’Espagne. « Cette action nous donne une certaine visibilité et nous permet de sensibiliser la population à notre cause », souligne Cyril Moulin, infirmier psychiatrique. L’intersyndicale (Sud, CGT, CFDT et FO) de l’hôpital Marchant dénonce la réforme des retraites mais surtout leurs « conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Les agents hospitaliers mettent en avant « le manque de personnel » qui nuirait à la qualité des soins prodigués. « Concernant le service de gériatrie, un tiers des postes d’infirmier n’est pas pourvu, explique Cyril Moulin. Les agents sont usés physiquement et psychologiquement. »

Les discussions avec la direction (voir encadré), qui ont le méritent d’exister, n’ont pour l’instant pas permis de satisfaire aux revendications des syndicats.

Le personnel en appelle également à l’Agence régionale de la santé (ARS) pour qu’elle donne « les moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement du centre hospitalier ».

(1) Selon l’intersyndicale, l’hôpital compterait 24 % de personnel gréviste. La direction, elle, n’en compte que 1 %.


« Ils doivent libérer l’entrée »

Michel Thiriet, directeur de l’hôpital Marchant, considère que « les problèmes évoqués par les syndicats sont pris en considération par la direction ». Mais les grévistes doivent désormais lever le camp : « Ils doivent libérer l’entrée de l’établissement d’ici la fin de la semaine », exige le directeur. Les forces de l’ordre seront-elles sollicitées ? « Je suis responsable, affirme Michel Thiriet. Mais j’en appelle aussi à la responsabilité des grévistes. »


Le chiffre : 3

Universités > En grève à Toulouse. Les trois universités toulousaines (Toulouse 1 Capitole, Le Mirail et Paul-Sabatier) ont voté la grève en assemblée générale. Cette décision symbolique n’entraîne cependant aucune perturbation dans le fonctionnement de ces facultés.

http://www.ladepeche.fr/article/2010/11/04/941409-Retraites-les-jeunes-en-embuscade.html


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