Publié par : xxx | novembre 4, 2010

Les éboueurs de Paris toujours en grève

France Soir, 4 novembre :

Depuis le 19 octobre, le centre de traitement des déchets d’Ivry est bloqué par plusieurs centaines d’éboueurs, qui reprochent au maire de Paris de casser leur grève.

Ils ont le visage fatigué, la barbe mal rasée, le bonnet vissé sur la tête. Mais leur détermination est intacte. Depuis seize jours, plus de 200 éboueurs de la Ville de Paris sont en grève et bloquent les entrées et sorties du centre de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine à côté du périphérique, dans le Val-de-Marne. Résultat : les deux célèbres volutes de fumée blanche qui s’échappent habituellement des cheminées de ce plus grand centre d’Europe ont disparu. Les fours ne reçoivent plus aucun déchet à incinérer, et des dizaines de camions-bennes sont bloquées dans les garages. Et devant le centre, une quarantaine d’éboueurs se relaient nuit et jour pour maintenir le blocage. Le confort est spartiate : des lits de camp installés sous des tentes de fortune leur permettent de dormir à l’abri de la pluie, mais pas du froid. Pourtant, ils se disent prêts à tenir jusqu’à Noël. Ils ont même déjà installé un sapin décoré de guirlandes sur les grilles d’entrée. Leurs revendications ? La réforme des retraites bien sûr, car eux ne se voient pas continuer leur travail après 55 ans. Mais aussi l’insertion de leurs primes dans leur salaire fixe afin qu’elles soient prises en compte dans le calcul de leur pension. Noël, 50 ans, conduit des bennes depuis 22 ans pour la Ville de Paris. « Je touche environ 1.500 € de salaire, dont 200 € de primes. Je vais me retrouver avec une retraite à trois chiffres si rien ne change… », regrette-t-il.

« Delanoë casse la grève »

Depuis le début de la grève, la Mairie de Paris a décidé de faire appel aux trois entreprises privées de nettoyage qui s’occupent habituellement de dix arrondissements seulement afin qu’elles gèrent l’ensemble de la capitale. Pour quel budget ? L’opacité est totale et la communication, elle, est totalement verrouillée. Seuls quelques élus « dissidents » donnent de la voix. « En général, quand il y a une polémique, tous les conseillers reçoivent une note du cabinet de Bertrand Delanoë. Là, rien. D’un côté, le maire de Paris dit soutenir la mobilisation contre la retraite, mais d’un autre, il casse totalement la grève en faisant payer les contribuables », s’indigne Danielle Simonnet, élue du Parti de gauche dans le XXe. Quant au traitement des déchets, il n’a plus lieu dans sa totalité depuis qu’Ivry est bloqué. Du coup, une partie des ordures serait enfouie dans des décharges en Seine-et Marne, à Clay-Souilly et Fresnes-sur-Marne.

Hier, le maire de Paris a reçu durant une dizaine de minutes les représentants syndicaux. « On nous a seulement proposé un calendrier de négociations à la condition qu’on lève le blocage. Mais il est trop tard, nous voulons maintenant des réponses concrètes ! », s’est insurgé Régis Vieceli, secrétaire général CGT-Nettoiement. Le rendez-vous s’est donc soldé par un non-lieu. Le bras de fer continue.

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