Publié par : shifou | octobre 31, 2010

Terminaux pétroliers : les premiers navires à quai

(en résumé, le port reprend mais.. les dockers sont en grève !)

À Fos et Lavéra, des dizaines de bateaux attendent leur tour pour décharger. Sur le port de Marseille, reprise au ralenti

Coque bleue, le « Maersk Héritage », tanker long de 160 mètres, fait partie des premiers navires à avoir trouvé un poste à quai à Lavéra pour décharger.

La route isolée qui dessert le terminal pétrolier de Lavéra semble dessinée sur mesure pour les assassins consciencieux et les pêcheurs du dimanche: longue, isolée et ventée. Hier, un semblant de vie est revenu après 33 jours de grève. En silence, le Mado, coque noire, l’Alpine Mathilde, coque rouge et seize autres pétroliers, gaziers et chimiquiers déversaient leurs cargaisons à Lavéra mais aussi à Fos. Dans leur sillage, 61 navires attendaient un poste de libre à quai, stationnés soit en rade soit au large. Au milieu de ce ballet naval, Sami Guyotte est depuis 8h30 à pied d’oeuvre pour contenter les sept équipages en affaires avec la société danoise Wrist dont il est le représentant.

« Ce soir, ça peut aller très tard », jusqu’au dernier client satisfait. Palettes de vivres, caisses de bière pour fêter la fin du conflit et pièces de rechange: le plein de provisions en guise de bienvenue à des marins qui n’ont plus revu la terre ferme depuis des jours. « Ils ne sont pas particulièrement énervés, plutôt blasés ». Mais certains ne reviendront plus. « Lassés par les grèves, ils iront escaler en Espagne ». À la porte 4 du port de Marseille, entre deux rares semi-remorques, les taxis débarquent en rangs serrés les passagers des paquebots de croisière, qui tournent normalement.

En revanche, pas un docker en vue. Idem à Fos, sur les terminaux « Marchandises ». Aujourd’hui, les agents « Grand Port Maritime de Marseille » prennent le relais. Des grèves nationales de 24 à 48 heures sur le problème de la pénibilité. Pour Pascal Galéoté (agents portuaires CGT), le conflit né du transfert des activités hydrocarbures à Fluxel, filiale du GPPM, est bien terminé depuis vendredi, avec l’assemblée générale des personnels. Garantie à vie de retourner chez l’employeur d’origine, bulletins de paie spécifiques rappelant le lien avec le GPMM: « Avancées satisfaisantes, même si tout n’est pas réglé ».

La mise au chômage technique, la semaine prochaine, de leurs collègues des raffineries en cas de poursuite du mouvement a aussi pesé sur les consciences. Cette mesure aurait également touché le secteur de la pétrochimie, ajoute en écho l’entrepreneur Jean-Luc Chauvin. Il reste dans les têtes des salariés « beaucoup de méfiance ». Et une consolation: « Celle d’avoir reçu », parfois accompagnés de petits chèques, « de nombreux messages de solidarité »… sûrement différents des 11000 soutiens affichés sur son site internet par « Touche pas à mon port », le collectif vigilant à ce « qu’aucun jour de grève ne soit payé ».

Jean-Luc Chauvin en oublie presque de dénoncer la reprise en trompe-l’oeil, ce week-end, du trafic marchandises: « C’est ennuyeux, mais si nous n’étions touchés que par les appels nationaux à la grève et non par les actions d’une poignée de syndiqués CGT, ce serait bien moins pénalisant ». Le retour à la normale est annoncé pour demain, voire mardi. Au bout de ce mois synonyme, pour elles, d’octobre noir, la plupart des entreprises spécialisées attendront que la Toussaint soit passée pour réinvestir le port.

Patrice MAGGIO

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