Publié par : lucien | octobre 23, 2010

Les nouvelles pratiques policières

Témoignage sur la manif parisienne du 21 octobre :

Ce 21, la manif au départ de Jussieu a regroupé quelques milliers d’Etudiants et de Lycéens, assez dynamiques, mais ni agressifs, ni faciles à infiltrer pour des provocateurs. D’autant plus, qu’une fois n’est pas coutume, pas mal de travailleurs étaient présents, dans le cortège (personnels de l’éducation, cheminots CGT d’Austerlitz…) et devant (SO FSU, CGT et anciens de l’UNEF appelés à la rescousse) ; Sans compter les policiers en civils plus nombreux, plus prés des manifestants et plus badgés que jamais (« je lutte de classe » ou « grève reconductible CNT »).

Deux occasions ont été ratées

La première a été la fraternisation avec quelques milliers de territoriaux (y compris CGT qui s’étaient laissés convaincre d’aller à la rencontre des jeunes), qui faisait un canyon à l’arrivée à Denfert : les organisations de jeunes ont choisi de faire tourner leur camion de tête vers la gare RER rendant inopérant le canyon.

La deuxième occasion ratée a été que les forces dites « de l’ordre » évitent pour une fois d’apparaître comme une agence de provocation au service d’un Sarkozy aux abois.

En prévision du tropisme actuel des manifestant vers le Sénat, un cordon de gardes mobiles bloquait l’avenue Denfert-Rochereau à 200 m de la place. Quelques centaines de personnes on tenté de forcer le passage, puis de négocier un parcours. La division des tâches de vile police avait été bien orchestrée. Les gardes mobiles faisaient de leur mieux pour rester le plus impassibles possible sous de jets de fumigènes et de pétards. Les civils provoquaient les jeunes et les excitaient pour qu’il affrontent les gardes mobiles ou encore se faisaient passer devant les média pour des casseurs…Le peu de succès de ces incitations vis à vis de jeunes qui rigolaient, chantaient, flirtaient et se foutaient de la gueule des flics a entraîné une brillante autant qu’inédite figure des CRS qui ont fermé l’accès côté place Denfert créant une souricière où cohabitaient manifestants, journalistes et civils encore plus nombreux (ils n’arrêtent pas de se plaindre des suppressions de postes… D’où peuvent-ils bien les sortir ? de la financière, de la judiciaire ou des carrefours). L’espoir d’exciter avec ce dispositif de prise en otage une foule de plus en plus ludique, ayant fait long feu, les civils ont « exfiltré » une bonne partie des journalistes, des rares militants syndicaux présent dans ce carré très jeune et très spontanéiste. Plusieurs fois je me suis vu proposer de sortir, ce que j’aurais pu faire pour pouvoir participer à l’AG IDF, si je n’avais pas pensé qu’il ne fallait pas laisser la jeunesse seule dans cette situation inédite. Ce qui était recherché, c’était l’intimidation par un déploiement de force disproportionné et par les petites phrases des flics en civils « vous êtes instits et ben ça va pas être bon pour vous tout à l’heure » « si vous n’êtes pas étudiants ou lycéens vous ne pourrez pas sortir » La forme suivant, genre de seringue réalisée de façon appuyée par les gardes mobiles a jeté pèle mêle sur un trottoir tous ces manifestantes, d’autant plus interloqués qu’ils étaient pour certains, dans le plus grand arbitraire, sollicitées par les civils pour sortir. Pour ma part j’ai eu droit à 4 robocops pour m’inciter à sortir du cercle de plus en plus retreint des manifestants, certainement parce que j’avais fait connaître mon refus de quitter les lieux tant que des jeunes y seraient tenus en otage, il m’a fallu manier la dérision (sur le coût et le ridicule d’une telle opération) vis à vis des flics, juste assez pour être vraiment le dernier à partir et pas le premier à me faire tabasser.

Aussitôt de l’autre côté du cordon de gardes mobiles, nous avons été entassés dans des cars, trois au moins, le critère de sélection étant clairement d’avoir été les derniers à rester dans ce jeux d’exfiltrations arbitraires et sélectives. Destination de notre car, le poste du 7ème, que je connaissais pour avoir plusieurs fois exigé devant la libération de copains ou pour avoir été récupérer la banderole de « l’AG des Établissement en Grève », que nous avions brandie sur la Tour Eiffel, en 2003, pour le départ du tour de France. Là dans un bordel indescriptible une cinquantaine de flics en uniforme et en civil s’engueulent, ne savent pas s’il doivent libérer ou « entendre » des groupes de manifestants. Nous subissons touTes un contrôle d’identité, puis sommes relâchés. Ces méthodes, appliquée aussi à Lyon, selon le même schéma tactique sont faites pour réprimer, intimider et bafouer les jeunes. Raison de plus pour les soutenir, pas seulement dans le services d’ordre, mais aussi pour les queue de manifs.

Olivier


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