Publié par : shifou | octobre 23, 2010

Actions sur la métropole Lilloise ce samedi

* Wattignies: manifestation devant la permanence du député UMP de la 5e circonscription

Samedi, vers 9 h, une soixantaine de personnes, à l’appel d’un collectif rassemblant la CGT, le Parti communiste et le NPA, ont manifesté devant la permanence wattignisienne du député UMP de la cinquième circonscription, Sébastien Huyghe.

Il s’agissait évidemment de protester contre le projet de loi sur les retraites. Mais aussi de demander à l’élu de retirer la plainte qu’il avait déposée contre des responsables de l’Union locale CGT de Seclin. Le député reproche à des manifestants qui revenaient de la manif du 19 octobre à Lille, d’avoir endommagé la boîte aux lettres de sa permanence à l’aide d’un gros pétard… Ce qui a valu à plusieurs responsables de l’UL CGT d’être entendus par la police, tout en niant être à l’origine de ce geste. « Je veux mettre le hola à ce genre de dégradations », explique Sébastien Huyghe de son côté.

* Lomme : la bibliothèque du CE des cheminots bloquée hier

Hier, toute la journée, la bibliothèque du CE des cheminots, à Lomme-Délivrance, a été bloquée. Les neuf autres bibliothèques du genre de la région et les deux restaurants d’entreprise de Lille et Hellemmes sont également à l’arrêt.

Une dizaine de voitures pour en bloquer des dizaines de milliers d’autres. C’est la recette appliquée hier matin par les syndicalistes de FO transport pour une opération escargot de près de six heures sur les autoroutes de la métropole lilloise.

Il y a d’abord ces trois files de l’autoroute vides de tout véhicule. Et au loin, ces phares qui arrivent avec une lenteur étrange en ces lieux habituellement consacrés à la vitesse. Juché sur un pont de l’A1, on entend soudain comme une musique franchement saturée. « Motivés, motivés ! » crache la sono montée sur une voiture blanche.

* Blocages routiers

Une dizaine de véhicules, tous aux couleurs de FO. Derrière, la police. Encore derrière, des milliers de véhicules bloqués par une opération escargot. Pas franchement la première de la semaine. Mais peut-être la plus gênante pour les usagers de la route.

Plus de camions

Les auteurs de l’opération : des routiers sans camions. « On est tous des chauffeurs routiers, explique Natale Benigni, secrétaire FO transport pour Tourcoing, Halluin et la vallée de la Lys, mais désormais, on ne peut plus prendre les camions pour manifester sans risquer des problèmes avec nos patrons. » Qu’importe. En voiture, mais protégés par d’importants effectifs de CRS, le résultat est le même. Partis à 6 h 30 de Rekkem sur l’A22, arrivés vers 9 h à l’aire de Phalempin après avoir traversé Villeneuve-d’Ascq et la RN 227, les manifestants traînent derrière eux un bouchon d’une vingtaine de kilomètres (cinquante au total hier matin dans la métropole, à cause aussi d’accidents et d’autres actions).

Ils sont là contre la réforme des retraites, bien sûr, même si la profession dispose d’un congé de fin d’activité (CFA) à 55 ans. « Mais on craint que nos patrons le remettent en cause si la réforme passe, explique Gérard, également dans le cortège. Beaucoup d’entre nous ont commencé à 14 ans dans d’autres métiers. Aujourd’hui, le travail est beaucoup plus difficile, notamment à cause des téléphones portables. On nous appelle jour et nuit, les clients veulent les livraisons pour tout de suite. On doit toujours être arrivés avant d’être partis. Les cadences sont infernales !

» Bruno, retraité des transports depuis quelques mois, s’est aussi mobilisé « pour les suivants. J’ai été chauffeur de bus pendant dix-huit ans. On ne peut pas se permettre de travailler plus longtemps. Passé 60 ans, vous n’avez plus les mêmes réflexes qu’à 30 ans. » Après un peu de répit pour les usagers lors d’un arrêt symbolique sur l’aire de Phalempin, où les routiers avaient tenu un véritable siège en 1992 contre l’instauration du permis à points, le cortège repart vers 10 h 20. Les dix syndicalistes font demi-tour à Carvin, puis reviennent vers Lille. Direction Rekkem.

Si quelques conducteurs coincés lèvent le pouce en voyant les drapeaux FO, beaucoup sont en colère et préfèrent le majeur. Ceux qui ont choisi les itinéraire s bis sont souvent énervés. À un feu rouge, Sébastien vitupère : « C’est la m… ! Y en a vraiment ras le bol ! » Margaret est plus compréhensive : « Ils ont raison de faire grève, mais tort de gêner les gens. » Yann Remond, un routier breton interrogé à l’aire de Phalempin, ne tempête pas : « Je viens de me taper trois heures de bouchon. Je suis derrière depuis Rekkem. Ça bouscule un peu les gens, c’est bien ! Moi, je ne vais pas pouvoir rentrer chez moi aujourd’hui. Mon week-end est raccourci. Mais franchement, je suis plutôt d’accord avec eux. » •

(Voix du Nord)


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