Publié par : xxx | octobre 22, 2010

La raffinerie de Grandpuits évacuée, mais toujours en grève

Le Monde, 22 octobre :

Bloqué depuis plusieurs jours, l’accès à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) a été dégagé vendredi matin par des gendarmes. Des salariés ont été réquisitionnés afin de vider les stocks de carburant du site, dans le but d’alimenter les stations-service d’Ile-de-France pour le premier jour des départs en vacances de la Toussaint. Mais le redémarrage de la raffinerie n’est pas encore d’actualité, le mouvement de grève initié par la CGT n’ayant pas été levé.

Les forces de l’ordre, agissant à mains nues, ont évacué avec force les manifestants en début de matinée, pour dégager le portail de la raffinerie. Au cours de cette bousculade, trois personnes ont été légèrement blessées, selon la CGT. Devant les difficultés d’approvisionnement des stations-service, notamment en région parisienne, le préfet avait décidé dans la nuit de réquisitionner la raffinerie. Quatre fourgons de gendarmerie étaient arrivés vers 3 heures du matin et ont d’abord stationné devant l’entrée de l’une des raffineries du site où les gendarmes ont indiqué les noms des salariés réquisitionnés (*).

Alors que l’intersyndicale a lancé vendredi après-midi une procédure en référé pour faire annuler ces réquisitions, la préfecture a justifié l’action en estimant que le non-fonctionnement de la raffinerie « entraînait des difficultés d’approvisionnement en carburant des points de distribution de la région Ile-de-France et en Seine-et-Marne ». « La continuation de la grève est de nature à entraîner des troubles graves à l’ordre public (pénuries, émeutes…) », explique l’arrêté préfectoral dont l’AFP s’est procuré une copie.

« LA MORT DE LA DÉMOCRATIE »

Le préfet s’appuie sur le Code général des collectivités territoriales, qui prévoit qu’en cas d’urgence, lorsque l’atteinte au bon ordre et à la sécurité publique l’exige, il peut procéder à des réquisitions. En cas de refus, le salarié réquisitionné s’expose à une peine de six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende.

Mais, malgré ce déblocage « par la force », les manifestants ont réitéré leur volonté de poursuivre le blocage. Près de la raffinerie, les syndicats ont mis en scène la « mort de la démocratie », en chantant une oraison funèbre en face d’un cercueil où était affichées des pancartes « droit de grève ». Dans les médias, Charles Foulard (responsable CGT du groupe Total) a expliqué qu’en l’attente de la décision de justice par la tribunal administratif de Melun le mouvement de grève allait continuer, et que le blocage reprendrait en cas de décision favorable aux manifestants par le tribunal.

« Ce qui vient de se passer à la raffinerie de Grandpuits avec cette entrave à l’exercice du droit de grève va sans nul doute créer un électrochoc et notamment dans l’industrie, avait-il déclaré sur Europe 1. Comment peut-on accepter dans un pays des droits de l’Homme d’entraver les salariés » en les empêchant « d’exercer le droit constitutionnel, le droit de grève ? Nous sommes une entreprise de droit privé, c’est une première. (…) Du temps de Pétain, nous connaissions les rafles ; sous l’ère de Nicolas Sarkozy, nous connaissons la rafle de nos acquis sociaux, la rafle du droit syndical puisque par cette réquisition, il entrave les salariés dans leur exercice du droit de grève », s’est emporté Charles Foulard.

(*) Dernière nouvelle : les réquisitions suspendues par le tribunal administratif de Melun


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