Publié par : xxx | octobre 20, 2010

Carcassonne : La mobilisation repart de plus belle

La Dépêche, 20 octobre :

Près de 8 000 manifestants selon l’intersyndicale, 4 300 pour la police, la 7e manifestation contre le projet de réforme des retraites a quoi qu’il en soit mobilisé plus de monde que la précédente. Elle s’est achevée devant la porte Narbonnaise, à la Cité.

À défaut de convaincre le gouvernement de réviser son projet de réforme des retraites, les manifestations s’enchaînent sans que la mobilisation ne faiblisse. Hier encore, à Carcassonne, près de 8 000 personnes selon l’intersyndicale et 4 300 selon la police, sont redescendues dans la rue. Samedi dernier, la Direction centrale du renseignement intérieur (ex-Renseignements généraux) avait arrêté son compteur à 4 200 manifestants.

Sur le square André-Chénier, Jean-Luc Fraisse, secrétaire adjoint de la CFDT a redit au nom de l’intersyndicale tout le bien que la majorité des Français pense d’une réforme des retraites jugée « antisociale », « injuste car ce sont les plus modestes qui vont payer 85 % de son coût » et « économiquement inefficace ».

À l’assaut de la Cité

Un chef de l’État juché sur ses ergots et prêt à faire charger la cavalerie (« c’est son intransigeance qui bloque la France »), la fin de non-recevoir orgueilleuse et psycho-rigide qu’oppose un gouvernement autiste et entêté à ce mouvement social pourtant très profondément soutenu par la population, explique sans doute aussi pourquoi la mobilisation, bien que sans influence sur un éventuel recul du projet, ne se dément pas d’une manifestation à l’autre. Symboliquement, hier, la manifestation a changé de son parcours habituel. Parti d’André-Chénier à 10 h 30, le cortège emmené par 500 lycéens a grimpé jusqu’à la porte Narbonnaise de la Cité, tous feux de bengale fumigènes allumés. « Au-delà de la beauté du site, la Cité est historiquement le symbole de la féodalité, de l’asservissement du peuple par la noblesse, justifie Jean-Luc Fraisse. C’est un clin d’œil à l’histoire qui n’est qu’un éternel recommencement ».
Paul-Sabatier occupé par les lycéens

Alors que le lycée Jules-Fil était mort en raison du taux impressionnant de profs en grève, les élèves de Jean-Durand, à Castelnaudary, voulaient se rendre en train à Carcassonne pour y gonfler les rangs des manifestants. Las ! C’était oublier que les cheminots observaient eux aussi une journée de grève. A Paul-Sabatier, une trentaine de lycéens ont quant à eux dormi à l’intérieur de l’établissement, dans la nuit de lundi à mardi. Manipulés et pas concernés par la retraite, les lycéens ? Faux et archi-faux explique Jean-Pierre, l’un d’entre eux : « Nous ne sommes pas syndiqués, influencés par personne. La retraite est très loin pour nous, c’est vrai, mais nous connaissons tous des gens concernés. A commencer par nos parents. » Mardi au petit matin, les lycéens ont quitté l’établissement avant l’arrivée de la police. Ils envisagent d’autres actions dès aujourd’hui.

Le chiffre : 500

lycéens dans la manif. Moins nombreux que lors de la dernière manifestation, les lycéens n’en demeurent pas moins très présents. Hier, en tête de cortège, entonnant inlassablement de nouveaux chants ou slogans – dont un très original « Carla, Carla, on est comme toi : on s’fait baiser, par le chef de l’État » – ils promettent de ne pas désamorcer, même après les vacances de Toussaint.


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