Publié par : xxx | octobre 19, 2010

Marseille, les éboueurs font grève sur le tas

L’Humanité, 19 octobre :

Depuis mercredi dernier, le ramassage des déchets a cessé dans douze arrondissements de la cité phocéenne. Un mouvement qui pourrait s’étendre au privé. Marseille,envoyée spéciale.

Lundi, 6h30, les grévistes bloquent la gare de stockage des déchets située aux Aygalades à Marseille

Il y a là des sacs bleus grossis d’ordures, des cagettes d’aliments qui commencent ici à pourrir et relâcher leurs odeurs, ailleurs des meubles fracassés par le temps. Terrain de jeu idéal pour ce rat qui passe d’une dune d’ordures à l’autre. Furtivement. Depuis mercredi dernier, douze arrondissements marseillais sur seize vivent au rythme de la grève des éboueurs du secteur public à l’appel de FO, le syndicat majoritaire chez les agents territoriaux de la ville. Hier matin, le mouvement contre la réforme des retraites dans ce secteur a pris un nouveau tour avec le blocage de la gare de stockage des déchets des Aygalades, cette fois au nom de l’intersyndicale (FSU, SUD, CGT, Unsa, CFDT).

Une manière de répondre à la vingtaine de commerçants du centre-ville qui avaient engagé le rapport de forces en mobilisant cinq camions-bennes rue Paradis, sur la Canebière et place Charles-de-Gaulle et quelques bennes installées pour l’occasion par Marseille Provence Métropole (MPM). En fin de semaine dernière, le président de MPM (PS), Eugène Caselli, mettait en garde contre ce mode d’action qui « ne fait pas avancer le dossier » et souhaitait la mise en place rapide d’un service minimum. Cette « opération ville propre », expliquent pour leur part les commerçants, se veut « citoyenne et non partisane » et « n’a pour but que de rendre aux commerçants des rues propres et donc praticables par les consommateurs ». Au-delà des intentions affichées, le climat est donc marqué par des passes d’armes entre les employés municipaux, la ville et une partie du secteur privé. Par endroits, des fumées s’échappent des tas d’ordures brûlés par les habitants eux-mêmes.

Afin de maintenir la pression, FO entend encore élargir le mouvement à l’ensemble de la communauté urbaine et tente de convaincre les salariés du privé, potentiellement mobilisables, chargés du ramassage. Hier, les salariés de Veolia ont rejoint le mouvement pour le 2e arrondissement. En octobre dernier, les éboueurs de nuit s’étaient déjà mis en grève contre la remise en cause du système du « fini-parti » par le biais de la mise en place du tri sélectif qui les oblige à faire deux tournées pour les cartons et les ordures. « Nous ne faisons pas grève de gaieté de cœur. Les poubelles qui s’entassent dans les rues, ce n’est agréable pour personne, y compris pour nous », explique Patrick Rué, secrétaire général adjoint de FO territoriaux. Et le socialiste Patrick Mennucci de résumer : « Je n’approuve pas, mais je comprends. Nicolas Sarkozy vit à l’Élysée, et nous, on vit au milieu des poubelles. »


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