Publié par : xxx | octobre 17, 2010

Marseille  : les «  tatas  » en lutte

Entretien avec Françoise, concierge dans une école marseillaise et militante CGT et NPA.

Depuis le 23 septembre, les agents des cantines de Marseille sont en grève reconductible contre la réforme des retraites. Entretien avec Françoise, concierge dans une école marseillaise et militante CGT et NPA.

  • Comment a débuté la grève  ?

Le mouvement a commencé le 23 septembre, après que l’intersyndicale a déposé un préavis reconductible pour l’ensemble du personnel de la ville de Marseille, de la Communauté urbaine et du Centre communal d’action sociale (CCAS).

Il faut noter que FO, syndicat très majoritaire, est absent de l’intersyndicale et n’appelle pas à ce mouvement reconductible.

Malgré cela, celui-ci est très fort dans les crèches et tout particulièrement dans les écoles. Environ 200 cantines sur 350 sont fermées depuis le 23 septembre. Il faut préciser que les statuts de la fonction publique territoriale permettent de faire une, deux, trois heures de grève, ou la demi-journée. Sans quoi, vu le salaire moyen des filles des écoles, ou des crèches, celles-ci seraient vite étranglées financièrement.

Mais cette possibilité de grève partielle est très combattue par l’administration qui multiplie les pressions auprès des agents, essayant de leur faire croire que cela est illégal.

  • Comment expliques-tu cette combativité ?

À la CGT, on pense que nos collègues ont clairement perçu les conséquences qu’aurait sur leur retraite l’application de cette réforme. Elles ont tout de suite compris la nécessité de se battre, en tant que salariées et en tant que femmes.
À Marseille, les «  tatas  » comme on les appelle, sont devenues le symbole de la lutte contre la réforme des retraites. À cette occasion, toute une série de revendications et de colères ressort. Combien d’entre nous arrivent à l’âge de la retraite usées physiquement et nerveusement, et étranglées financièrement ? Malgré le gros travail de terrain de l’intersyndicale, nous sommes nous-mêmes surprises d’un tel suivi du mouvement sans le syndicat majoritaire.

  • Y a t il eu des contacts avec d’autres secteurs en lutte  ?

Oui, et particulièrement avec les enseignants. Nous avons participé dans l’unité à une assemblée générale (AG) des professeurs d’écoles et à une réunion à l’école de la Busserine à laquelle participaient des associations, des parents d’élèves, des syndicalistes enseignants, la CGT de la CAF, SUD PTT, le NPA et d’autres… Enfin, les enseignants nous ont invitées à venir nous exprimer à l’AG qu’ils tiendront à l’issue de la manif du 12 octobre. L’intersyndicale des agents territoriaux a reçu un courrier de soutien des enseignants en lutte. Il y a eu par le passé quelques tentatives de jonction, mais c’est la première fois que cette unité se fait à ce point.

  • Les agentes territoriales des écoles de Marseille sont-elles seules dans ce cas  ?

Non. Le mouvement commence à s’étendre dans le département, autour de l’Étang de Berre. Martigues, Istres, Rognac, entrent dans la lutte.

La place déterminante des territoriaux dans la lutte contre la réforme des retraites a été reconnue par l’ensemble des unions départementales des Bouches-du-Rhône, puisque lors de la manif du 12 octobre, ces agents défileront en tête de cortège.

  • Et après  ?

Pour beaucoup d’entre nous, le 12 octobre ne doit pas être la fin du mouvement. Les filles veulent continuer. Le gouvernement a engagé un bras de fer. Elles entendent le gagner.

Propos recueillis par Jean-Marie Battini, site du NPA


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