Publié par : shifou | octobre 16, 2010

Les salariés de Freescale en lutte pour leur retraite et … leur emploi

Avant la manif, c’est déjà la manif. Il est 5 h 30, ce mercredi matin, zone Thibault à Toulouse. Dans la nuit, des militants déploient deux banderoles blanches pour boucler l’entrée de la Setmi, l’usine d’incinération des ordures ménagères. C’est une opération de blocage. Ailleurs, dans d’autres entreprises, il y a des débrayages. Quelques opérations escargot aussi sur la rocade.

« Les balades en ville, j’en ai marre. Il est temps de passer à autre chose, d’autres formes d’actions », dit un militant, la tête recouverte d’une capuche à cause de la fraîcheur du petit matin.

Parmi la quarantaine de manifestants se trouvent plusieurs salariés de Freescale, entreprise voisine.

Dans un an, au mois d’octobre 2011, il perdra son emploi. Didier Zerbib, 40 ans, marié et père de deux enfants, fait partie des 820 salariés de Freescale qui doivent être licenciés. Freescale, ex-Motorola, fabricant de semi-conducteurs : les fonds de pension américains veulent retirer leurs billes. Et les salariés, comme Didier, resteront sur le carreau.

En 2009, à l’annonce de ce plan social, les salariés de Freescale avaient fait cinq semaines de grève. Mercredi matin, quelques-uns ont débrayé pour protester contre la réforme des retraites. « À quoi cela sert-il d’allonger la période de travail jusqu’à 62 ans si c’est pour se retrouver au chômage à 45 ans ? », interroge l’un deux.

Vers 7 h 30, une C5 noire se gare près de l’entrée de la Setmi. C’est le directeur de la société qui, en costume-cravate, vient demander aux manifestants de ranger les banderoles : « Vous occupez illégalement un site privé », dit-il d’un ton courtois, mais ferme.

« Vous n’auriez plutôt un peu de café ? », interroge un militant de la CGT venu à vélo du quartier voisin du Mirail. L’échange s’arrête là.

Didier Soulet, syndiqué CFDT de Freescale, distribue des tracts aux automobilistes qui passent devant la Setmi.

Trois étudiants, militants NPA, sont venus en renfort. Deux ou trois syndicalistes du bâtiment sont là aussi.

Ils n’ont pas l’habitude de manifester. « Mais contre cette réforme des retraites, nous sommes présents. Nous nous battons depuis longtemps pour réclamer un départ à la retraite à 55 ans. La pénibilité, dans nos professions, on connaît », dit Pascal Parapel, secrétaire départemental de la CGT Construction et Bois.

« À 45 ans, les carreleurs ont les genoux foutus. Nous, les électriciens, nous souffrons de tendinites à cause des câbles que nous tirons. Les trois quarts des gars du bâtiment ne travaillent plus au-delà de 55 ans. J’ai un collègue qui continue, à 63 ans, parce que ses deux fils sont au chômage. C’est le monde à l’envers », poursuit-il.

A 8 h 30, les banderoles sont repliées pour aller manifester ailleurs.

http://www.ladepeche.fr/article/2010/10/15/928012-Les-salaries-de-Freescale-en-lutte-pour-leur-retraite-et-leur-emploi.html


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