Publié par : shifou | octobre 13, 2010

Après des blocages le matin, plus d’un millier de lycéens lillois dans la manif

C’était la nouveauté de la manifestation d’hier. Les lycéens, jusqu’alors peu mobilisés sur les retraites,ont donné de la voix dans le cortège lillois. Plusieurs établissements étaient partiellement bloqués (dont Montebello, Pasteur, Jean-Perrin, Faidherbe, Fénelon). Mobilisation d’ampleur si l’on croit les syndicats, qui ont compté au moins un millier de lycéens.

PAR HERVÉ NAUDOT

Les lycéens savaient cette journée décisive. Aussi l’ont-ils démarrée tôt, par exemple au lycée Pasteur : dès 7 h 30, les premiers lycéens se sont réunis en assemblée générale pour voter le blocus de l’établissement. Blocus partiel, de fait, puisque quelques cours ont pu avoir lieu. On refait la réforme dans une ambiance plutôt calme, seulement perturbée par les coups de klaxons d’automobilistes marquant ainsi leur soutien. Grégory, en 1é re, manifeste pour la première fois. Pour la réforme des retraites, un peu. Mais, « c’est un état d’esprit de révolte en général » , explique-t-il. Un camarade renchérit : « Ça sert à rien de faire des études. Bac ou pas bac, il faut 107 ans pour trouver un boulot. Autant dire qu’on n’aura pas de retraite… » Une voix crie alors au mégaphone : « Il faut du monde avec nous à Fénelon. » Faire bon poids, et donner de la voix, c’est l’objectif affiché. Et atteint. Il est 10 h 30. un cortège d’une cinquantaine de lycéens de Pasteur s’ébroue dans les rues de Lille. Comme un tour de chauffe avant le rendez-vous de l’après-midi, ils s’égosillent par intermittence, en scandant : « Lycéens en colère, y en a marre de la galère », ou « À ceux qui veulent casser nos retraites, les jeunes répondent : résistance ». Autant de slogans que les passants accueillent la plupart du temps avec bienveillance, pouce levé ou poing brandi. Devant le lycée Fénelon, il y a foule. Les policiers veillent au grain. On croise Baptiste, en 1ére S, pour qui travailler jusqu’à 67 ans, c’est NIET. Avec ses petites lunettes d’intello, le jeune homme voudrait être médecin généraliste. « Je ne me vois pas ausculter un bébé les mains tremblantes à 67 ans, explique-t-il. Tant que le gouvernement ne plie pas, on reconduira le mouvement. » Pour sa copine Audrey, le temps presse, et la mobilisation doit être « massive. Il faut se bouger maintenant, après ce sera trop tard. La grève générale dont on parle aujourd’hui, c’est dès le début qu’il fallait la faire ». Deux heures plus tard, rue de Paris, l’accueil réservé aux lycéens est des plus chaleureux. Image étonnante que celle de ces vieux briscards de la CGT applaudissant ce cortège somme toute modeste. « On est fier qu’ils se battent à nos côtés, commente Régis, de la CGT. Cette réforme, c’est eux qui vont la subir le plus. » Mobilisés, les lycéens hésitent entre le discours de la méthode Coué et celui de la désillusion annoncée. « Sur les grandes lignes de la réforme, on sait que le gouvernement ne bougera pas », souffle Marine, en Terminale littéraire. D’un mouvement de tête, sa copine désapprouve. « On se dit qu’ils ne peuvent pas faire la sourde oreille éternellement. On sera encore dans la rue samedi si le gouvernement n’a pas bougé. » Ce matin, Faidherbe et Montebello devaient reconduire le blocus. Quant aux élèves du lycée Pasteur, ils ont prévu la tenue d’une nouvelle assemblée générale, ce midi. •

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lille/actualite/Secteur_Lille/2010/10/13/article_apres-des-blocages-le-matin-plus-d-un-mi.shtml

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