Publié par : shifou | octobre 9, 2010

Manifestations lycéennes en Charente

Soyaux, lycée Jean-Albert-Grégoire, 8 heureshier. Sur la route, des parpaings, des pneus et des branches bloquent la circulation. Deux cents lycéens donnent de la voix contre la réforme des retraites. En rangs dispersés, ils avancent sur le rond-point des Effamiers. Guillaume, Jordy ou Ambre, entre 16 et 18 ans, sont convaincus que «tout le monde doit manifester». Des automobilistes haussent la voix, quelques coups de pied dans les carrosseries se perdent. Assis sur le bitume, ils échangent des textos avec les potes de Ruelle et Marguerite-de-Valois. À 10 heures, une petite soixantaine se tasse dans un bus, direction le plateau.

Même scénario au lycée de Puyguillen à Ruelle. Depuis jeudi, Jean-Paul et Fatima tentent de piloter la contestation des 200 lycéens. «On se décide dans le bus en venant le matin», explique «JP». Eux aussi ont perturbé la circulation devant le lycée avant d’aller débaucher les élèves de Margerite-de-Valois à la récré. Ils en ont récupéré une cinquantaine. «On voudrait chercher tous les lycées d’Angoulême», clame Fatima. Sur le chemin de Guez-de-Balzac, ils investissent la galerie du Champ-de-Mars «parce que ça résonne». En leur bloquant le passage, les vigiles déclenchent un mouvement de panique. Les lycéens se sauvent en courant, renversant les pots de fleurs sur leur passage. Un vigile plaque un ado contre une vitrine pour l’intimider.

Ceux de Soyaux débarquent, ils marchent tous sur Guez-de-Balzac. Vers 11 heures, ils déchantent. «C’est une prison ici, tout est fermé, les profs bloquent le passage», raconte, dépité, Jérôme. Son de cloche différent pour la proviseure, Pascale Lahaye: «Il y a eu une petite bousculade, mais c’est tout. Les élèves étaient libres de sortir.» Moins d’une dizaine les rejoignent. «JP» donne de la voix pour tenter de rassembler les troupes vers le lycée professionnel de Sillac. En vain. Le groupe se scinde: une cinquantaine vers Sillac, les autres à Marguerite-de-Valois. «Ça manque grave de coordination», lâche l’un d’eux.

Entre allers-retours au milieu de la route, pause pour appeler les copains et après dix changements de lieux de rendez-vous, ils atteignent finalement les grilles closes de Sillac, escortés par les klaxons encourageants des automobilistes. Lassés, mal aux pieds, affamés. Une trentaine qui ont persisté sautent dans un bus direction Marguerite-de-Valois pour y rejoindre les autres. Quand ils arrivent, vers 14 heures, ils trouvent des policiers à la place des manifestants (voir encadré). Les derniers irréductibles se quittent dans l’après-midi. En se promettant de remettre ça lundi matin.

http://www.charentelibre.com/article-11-manifestation-lyceenne-deambulations-brouillonnes.html?id_article=346491


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