Publié par : xxx | octobre 9, 2010

Face aux 67 ans du gouvernement, préparons… 68 !

Editorial de Matière et Révolution, 8 octobre :

Les journées d’action n’ont pas permis de faire reculer le gouvernement. Pourtant, il est évident que la casse des retraites révolte le plus grand nombre. Faire travailler plus longtemps les salariés, c’est augmenter le nombre de chômeurs, c’est faire payer aux travailleurs les frais d’une crise que les capitalistes ne veulent pas payer. Loin de reculer, Fillon a même annoncé qu’il comptait « poursuivre les réformes » jusqu’au départ en retraite à 67 ans comme dans toute l’Europe. Et dans toute l’Europe, les journées d’action ne suffisent pas à faire reculer les gouvernants. La journée très suivie et qui a bloqué l’économie en Espagne n’a rien donné, pas plus que les multiples journées d’action des travailleurs grecs ou que nos journées d’action en 2009 et 2010. Quant à la confiance que l’on peut faire aux dirigeants syndicaux, le lâchage récent de la grève générale d’Afrique du sud en dit long, d’autant qu’elle se place au moment même où les fonctionnaires en grève très massive et dynamique étaient suivis par le secteur privé, notablement celui des mineurs…

Sentant le vent de la colère sociale qui pourrait leur échapper, les centrales adaptent en France leur stratégie. Voyant que le mot d’ordre de journée d’action s’use, elles avancent, là où elles le sentent nécessaire pour garder la main, l’idée de la grève reconductible. Elles bloquent ici un terminal pétrolier, là un port ou une industrie chimique. Comme si on pouvait gagner les uns sans les autres. Nulle part, elles n’unissent dans des assemblées interprofessionnelles les infirmières aux enseignants et aux cheminots, aux dockers et aux métallurgistes. Et aucune centrale n’avance une stratégie nationale offensive. SUD peut être radical en paroles dans certains secteurs, la CGT ici, FO là, mais il n’y a pas de stratégie claire pour mener la lutte à l’échelle générale. Il n’y a aucune unification des moyens d’action mais la prétendue unité syndicale n’unifie même pas les revendications. Il ne sert à rien de s’en plaindre car, de toutes façons, c’est une illusion de penser que quelqu’un pourrait nous remplacer, nous travailleurs, pour décider de la manière de mener la lutte, des buts et des moyens. Même si les centrales étaient capables de diriger une vraie grève générale, ce ne serait nullement suffisant pour atteindre le succès dont les travailleurs ont besoin. Rien n’empêcherait ensuite les centrales de vendre chacune au prix qu’il lui plairait notre victoire, comme elles l’ont fait en 1936 et, à prix encore plus bas, en 1968.

Le nombre de travailleurs en lutte et même la radicalité des moyens et aussi la radicalité des revendications ne sont pas des garanties. Le seul moyen de garantir qu’une vraie lutte d’ampleur se développe, c’est de permettre que les travailleurs soient sûrs qu’ils ne tireront pas les marrons du feu pour des politiciens se préparant à gouverner à la place de Sarkozy mais toujours au service des capitalistes, ou pour des bureaucrates syndicaux prêts à tirer de la lutte des avantages pour leurs centrales comme en 1936, en 1945 ou en 1968.

Quels sont les moyens d’action, quelles sont les revendications, quels sont les perspectives du mouvement à venir, personne n’a à répondre à ces questions à la place de la classe ouvrière organisée en comités, fédérés à l’échelon national, prenant elle-même ses décisions en se mobilisant dans les entreprises et les quartiers, en unissant les travailleurs du privé et du public, les travailleurs avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, jeunes et vieux…

Il ne doit pas être question d’accepter les limites que mettent d’avance les dirigeants syndicaux et socialistes : un respect scandaleux devant les coffres-forts des banques, les intérêts des capitalistes appelés mensongèrement « intérêt du pays ». Il ne doit pas être question de craindre de s’en prendre aux profits des grands patrons. Pour cela, il faut un nouveau mai 68, mais avec partout des comités de travailleurs….

Il n’est pas question de limiter la lutte aux seules retraites. Car accepter les pertes d’emplois, c’est aussi renoncer aux retraites. Accepter qu’un patron comme Alstom supprime 4000 emplois, c’est s’incliner devant la chute des rentrées d’argent des caisses.

Mener la lutte jusqu’au bout exige qu’aucune organisation ne décide à la place des travailleurs organisés en comités de lutte et de grève dans tout le pays et s’unissent aux paysans ruinés, aux artisans menacés, aux chômeurs, aux jeunes futurs sans emploi, à tous ceux que la société capitaliste rejette.

Pas question non plus de limiter notre lutte à des revendications économiques. La classe ouvrière a une politique pour diriger la société et rompre avec la société du profit.

Le seul gage de succès dans nos luttes, c’est de les diriger nous-mêmes !


Responses

  1. URGENCE RETRAITES

    Raisonnablement : peut on accepter que les pensions ne soient pas indexées « au moins » sur l’évolution de l’inflation, et ne pas indexer les durées de cotisations sur les durées de vie ?

    Français : jeunes, futurs vieux et déjà vieux, salariés du secteur Privé, 1789 avait aboli les privilèges, mais ils sont revenus et se maintiennent à vos frais, à vos risques, et au détriment de votre vieillesse .
    Imposez d’urgence l’égalité au moins des niveaux de cotisation, calcul des retraites et maintien du pouvoir d’achat des pensions du secteur Privé comme c’est le cas pour celles des secteurs Publics.
    ****************
    Mode de calcul incontournable
    Pour équilibrage des retraites ( hors capitalisation )
    pour secteur Privé ( ou secteur Public)
    ( Technocrates s’abstenir )

    Pour établir un mode de calcul régulièrement réactualisable, et savoir sur quels paramètres prioritaires agir pour instaurer un système d’équilibre équitable, juste et durable des retraites

    Soit les paramètres suivants à établir :

    A = Durée ( en années ) de cotisations

    B = Durée ( en années ) de perception des pensions

    C = Nombre de cotisants

    D = Nombre de pensionnés

    E = % de cotisations sur salaires bruts ( Employeur + salarié )

    F = % de pension envisagé sur base retenue des derniers salaires

    ********

    Soit équation à poser : A/B x C/D x E = F

    **************************************

    Exemple :

    Nombre d’années de cotisation = 42 (retraite à 62 ans en 2018)
    Nombre d’années de pensions :
    -Age moyen de durée de vie 83 ans
    -Age moyen de durée de cotisation en 2018 : 62 ans )
    – Soit 21 ans de durée de pensions retraites

    Nombre de cotisants ( sur âges ci-dessus ) = 1,3
    Nombre de retraités ( sur âges ci-dessus = 1

    % de cotisation sur salaires bruts employeur + salarié = 20

    Nous aurons donc :
    (42/21) x (1,3/1) X 20 = 52

    Donc retraite financée = 52 % des salaires de référence

    ************

    Si l’on envisage une durée de cotisation de 45 années
    ( correspondant à moyenne de retraite à 65 ans )

    Le nombre d’années de pensions tombera à 83 – 65 = 18

    Et que l’incidence reste de 1,3 cotisants pour 1 retraité

    Et si l’on envisage un niveau de cotisation de 22 %

    On obtient :
    ( 45/18) x ( 1,3/1 ) x 22 = 72

    Donc retraite financée = 72% des salaires de référence
    Soit un niveau de retraite proche du taux actuel de la Fonction publique : 72%
    *************

    Ou autres calcul à faire selon les paramètres prioritaires retenus :

    – Niveau attendu des retraites
    – Niveau attendu des cotisations Employeur + Salarié
    – Nombre attendu d’années de cotisation

    Nota : autres paramètres, mais eux : incontournables
    – L’âge moyen de durée de vie est fourni par les statistiques nationales.
    – – Le nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités, est fourni par le rapport « officiel » qui prend en compte les courbes en nombres d’âges comparées entre celui de durée de vie et celui de l’âge de départ en retraite des actifs ( donc des cotisants )

    ***************
    RAPPEL

    ( 1789 : Abolition des privilèges ??? Oui ! Mais ils sont revenus …)

    RATP SNCF Régime général
    Calcul de la pension Sur les 6 derniers mois de salaire Sur les 6 derniers mois de salaire Sur les 25 meilleures années dans le régime général et la totalité de la carrière pour les complémentaires
    Montant de la retraite garanti A 100 % A 100 % Non garanti
    Réversion Sans conditions Sans conditions A partir de 55 ans et sous condition de ressources
    Age légal de départ à la retraite après la réforme 52 ou 57 ans en 2023 52 ou 57 ans en 2023 62 ans dès 2018


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