Publié par : shifou | octobre 8, 2010

Verdun, Besançon, Belfort: manifestations spontanées des lycéens contre les retraites

DES CENTAINES de lycéens ont défilé hier (7 octobre) dans de nombreuses villes moyennes de province pour protester contre le projet de réforme des retraites, se mobilisant notamment via les réseaux sociaux, mais sans mot d’ordre national de leurs organisations. En fin de journée, le ministère de l’Éducation nationale a déclaré que 116 lycées, soit « moins de 3 % » des 4.302 lycées du pays, avaient connu des « perturbations » et « six » un « blocage ».

À l’exception de la capitale et de Toulouse, où 250 lycéens ont bloqué une avenue, le mouvement lycéen n’a pas touché les autres grandes villes de France. À Paris, une petite centaine de lycéens et étudiants ont déployé une banderole devant le centre Georges-Pompidou, dénonçant une société où ils seront « chômeurs à 25 ans, précaires à 67 ».

Dans l’est, à Molheim (Bas-Rhin), 600 lycéens ont manifesté et une délégation a été reçue à la sous-préfecture. Une centaine d’autres ont manifesté à Sarre-Union et… 25 à Strasbourg. Dans le Haut-Rhin, 500 lycéens des trois établissements de Guebwiller ont défilé dans la ville et 150 à Mulhouse.

Mobilisation « ascendante »

En Lorraine, 1.700 manifestants ont été comptés par la police, dont 700 à Verdun (Meuse) et 400 à Dieuze.

Pour une fois d’accord sur les chiffres, à Besançon, police et organisateurs ont recensé 600 lycéens dans la rue. A Belfort, ils étaient 200.

Les lycéens ont indiqué ne pas répondre particulièrement à l’appel de l’Union nationale lycéenne (UNL) mais s’être réunis via des réseaux sociaux comme Facebook pour exprimer leurs « inquiétudes personnelles ».

Vendredi dernier, l’UNL, première organisation lycéenne, avait affirmé que la mobilisation des lycéens était « ascendante » et ne ferait que grossir dans les semaines qui viennent.

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A Verdun dès le matin

Les services de l’ordre de Verdun (Meuse) se sont retrouvés hier matin devant le fait accompli : une cinquantaine de lycéens du lycée Margueritte ont fait le tour de la ville pour «libérer leurs camarades» des autres établissements. Résultat, 400 jeunes au plus fort de la manifestation, incontrôlables. Sans chef de file, ils protestaient contre la réforme des retraites après avoir reçu des sms sur leur portable leur demandant un «blocus des lycées». Parmi la foule, des jeunes motivés pour crier leurs revendications, comme  Jennifer, du lycée Fressigney : «On ne veut pas travailler jusqu’à 70 ans. Nous sommes les plus concernés par cette réforme, il faut se faire entendre.». Mais aussi d’autres jeunes profitant de la manif pour casser : des vitrines, des chaises sur les terrasses, des poubelles renversées… «Nous ne cautionnons pas ces actes», confie Clément, un lycéen qui ne comprend pas pourquoi certains sèment le «bordel» dans la rue. Les policiers, dépassés par les événements ont comme ils ont pu, «essayé de contenir» les manifestants… Ils devront recommencer cet après-midi. Le mouvement a continué dès 13 h 45 devant le lycée Vauban.

Besançon : des centaines d’élèves bloquent Pergaud

Après Lorient, Toulon, Le Creusot ou Rodez, des lycéens de Besançon ront rejoint  le mouvement contre la réforme des retraites. Hier matin les portes des deux entrées du lycée Louis-Pergaud ont été bloquées par 25 élèves. Ils ont laissé rentrer les classes post-bac pendant que des élèves repartaient. Plusieurs centaines d’élèves sont cependant restés devant et aux abords de l’établissement pendant qu’une délégation était reçue par le proviseur « On est là pour défendre notre avenir», a lancé Charlie, membre de la délégation, élève de première STG, juché sur une vasque du parvis. Une clameur lui a répondu, suivie d’un slogan chanté : «Sarko si tu savais ta réforme où on se la met…»

Le mouvement a essaimé par le biais de SMS envoyés en nombre. Dans la foule, un lycéen «partisan de l’UMP» pestait contre les bloqueurs dont «la moitié ne sait pas le contenu de la réforme».

L’appel aux «classes vides» a cependant été bien suivi. Vers 11 h, des lycéens annonçaient leur intention de visiter d’autres établissements pour les inciter à se joindre au mouvement.

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Belfort: matin et après – midi

Un texto a filé hier matin à la vitesse de la lumière sur les portables des lycéens belfortains. Il appelait au blocage les établissements dès le début de matinée. Le mot d’ordre est venu de l’UNL.Un groupe d’une petite centaine d’élèves est d’abord parti du lycée Follereau pour rejoindre celui du Diderot.Les grilles sont restées fermées. Quelques cailloux ont fusé jusqu’aux forces de l’ordre.

Sans leader ni encadrement, si ce n’est par un fort contingent policier, le groupe est ensuite descendu jusqu’au lycée Condorcet.

En début d’après-midi , le mouvement a repris par le même circuit. Cette fois, deux cent élèves ont formé un cortège tout aussi imprévisible mais un peu moins électrique. Un sitting Place Corbis, un blocage Place Rabbin.

L’appel national de l’Union Nationale Lycéennes incitait également les jeunes à participer à la prochaine manif, celle de mardi.

1500 lycéens dans la rue à Rodez

Quelque 1.500 lycéens, selon la police, ont parcouru jeudi matin le centre-ville de Rodez, et 250 autres ont bloqué une avenue devant leur établissement à Toulouse, pour protester contre la réforme des retraites.  A Rodez, les manifestants voulaient exprimer «leur désaccord avec la réforme des retraites et leur ras-le-bol du gouvernement», ont-ils dit en défilant dans la bonne humeur. Aucune banderole n’était visible. Ils ont annoncé qu’ils participeraient aux manifestations prévues le 12 octobre par les syndicats.

A Toulouse, plus de 200 élèves du lycée d’enseignement professionnel Galliéni ont pour leur part bloqué une partie de la matinée l’avenue menant à leur établissement, avec des palettes et des poubelles.
Ils ont établi un barrage filtrant à l’entrée du lycée, sous l’oeil de policiers et de CRS et ont accroché sur les grilles de l’établissement une banderole indiquant: «La retraite à 67 ans. Pourquoi pas à 69 tant qu’à se faire baiser».

Des centaines de lycéens manifestent pour les retraites en Basse-Normandie

Des centaines de lycéens ont manifesté jeudi en Basse-Normandie contre le projet gouvernemental de reforme des retraites, en particulier Cherbourg, où ils étaient 500 selon la police, et Lisieux (300 à 400 selon la police).

A Cherbourg, des dégradations ont été constatées au lycée Millet, où des extincteurs ont été vidés et une porte abîmée, a indiqué le proviseur .

A Lisieux, 300 à 400 lycéens ont organisé des barrages filtrants à la sortie d’un établissement, selon la police.

A Caen, une manifestation était en cours, à la mi-journée, mais la police n’avait pas de chiffre.
Selon la police et les gendarmes, des manifestations de moindre ampleur (avec parfois des rassemblement d’une trentaine de jeunes selon les gendarmes) ont également eu lieu à Dives-sur-Mer, Vire ou Falaise.

La police et les gendarmes de l’Orne n’avaient à la mi-journée pas relevé de manifestations lycéennes dans ce département, où les rassemblements de lycéens sont fréquents.


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