Publié par : xxx | octobre 2, 2010

La lutte au port de La Rochelle

Sud-Ouest, 2 octobre :

Dockers du port de Jeumont (La Rochelle), 1 octobre 2010

C’est toujours le bras de fer. La réforme des Grands Ports maritimes n’a pas abouti, près de trois ans après son coup d’envoi donné à Marseille par le Premier ministre François Fillon. Illustration, hier à La Rochelle, où les agents de la manutention portuaire, autrement dit les grutiers et tous les personnels associés à l’exploitation de l’outillage, renforcés des dockers, se sont invités à la réunion du Conseil de surveillance du Grand Port. Un conseil délocalisé à la préfecture, les accès au port étant bloqués par des manifestants, suite à un préavis de grève national de trois jours du syndicat CGT des ports et docks. Mouvement, rattaché celui-là, à la contestation de la réforme des retraites qui, en l’occurrence, se télescope avec la réforme portuaire.

Petit rappel. Prétextant de la nécessaire relance économique de l’activité des grands ports de commerce d’État, la réforme organise le transfert du public, vers les entreprises privées, de l’outillage des ports et des agents qui l’utilisent.

À La Rochelle, 38 agents sont concernés. Il est prévu que les grutiers et les électriciens seront coiffés par un groupement d’entreprises de manutention. Il est en cours de formation. Tandis que les personnels de maintenance et de nettoiement rejoindraient une société par action simplifiée qui reste encore à créer. Le matériel ? Une douzaine de grues portuaires, des chariots élévateurs, des bennes hydrauliques et toute une batterie d’accessoires utiles au chargement comme au dépotage des cargos, un ensemble distribué au gré des cessions de terminaux.

À la porte du ministre

D’évidence, tout mouvement social portuaire dans le département tenu par le secrétaire d’État aux Transports chargé de conduire la réforme, est hautement symbolique. Il l’est d’autant plus en ce moment que dans plusieurs ports, et notamment le premier d’entre eux, Marseille, la réforme accuse une gîte inquiétante pour ses promoteurs. Aussi, les échos de la manifestation rochelaise d’hier, mobilisant une cinquantaine de personnes, seront-ils sans aucun doute parvenus aux oreilles de Dominique Bussereau… Ce que la CGT déplore localement, c’est le décalage de calendrier entre le transfert des terminaux portuaires, de l’outillage, et le transfert des personnels.

Hier, le Conseil de surveillance a officiellement entériné le transfert des deux premiers volets de la réforme, mais il repoussait sine die le volet social. « Transférer prématurément la propriété de l’outillage vers les entreprises privées, c’est symboliquement déposséder l’ouvrier de ses outils ; c’est finalement ne pas le tenir comme interlocuteur valable dans l’élaboration du nouveau projet portuaire », s’insurge le secrétaire général du syndicat.

Jean Canonge craint aussi que la manœuvre place les agents de manutention en position de faiblesse, alors que « toutes les négociations sur le détachement ne sont pas abordées : l’organisation du travail, par exemple. »

Des craintes que Jean Canonge a pu exprimer devant le conseil, à la tête d’une délégation de quatre personnes autorisées à entrer dans la préfecture. Elle s’y présentait après une bousculade à la porte : vitre brisée dans le hall, à laquelle répondait un jet de lacrymogène de la police. Le représentant de la CGT estime aussi que les agents ont été abusés par la direction du port qui promettait « en juin, de transférer en même temps outillage et personnel. »

« Un écran de fumée »

Le président du directoire du Grand Port Maritime, Nicolas Gauthier livre sa lecture des faits : « J’ai effectivement rappelé en juin que l’objectif était d’aboutir avant le 1er octobre sur le transfert des personnels. Mais la Fédération nationale Ports et docks a fait interférence entre la réforme portuaire et la réforme. Il y a eu en juillet un mot d’ordre national boycottant les négociations locales. Alors même que nous discutions bien à La Rochelle. Ce vendredi, les actes de cession des terminaux et de l’outillage ont donc été entérinés. Et pour le troisième volet de la réforme (le personnel), nous nous donnons le temps des échanges pour aboutir. »

Le syndicat ne voit dans cette approche qu’un écran de fumée. La CGT compare la situation des agents portuaires « au spectacle de ces travailleurs devant ces usines vidées de leurs machines le week-end à la sauvette. »


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