Publié par : shifou | septembre 23, 2010

Retraites : les manifestations commençent

En cette journée d’action contre la réforme des retraites, jeudi 23 septembre, les manifestations ont débuté. A Toulouse, un important cortège rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes, selon les syndicats, s’est mis en branle vers 10h.

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a prévenu que « les manifestations vont être massives« . Même son de cloche à la CGT, où le secrétaire général Bernard Thibault a estimé que la mobilisation « va être forte ». Le niveau de mobilisation sera « déterminant sur la suite du mouvement », explique François Chérèque.

Les syndicats espèrent réunir autant de monde dans la rue que le 7 septembre dernier, afin d’inscrire le mouvement dans la durée afin de faire fléchir le gouvernement. Les organisations syndicales se retrouvent vendredi afin de décider des prochaines étapes de la contestation.

La journée de grèves et de manifestations devait se traduire par de fortes perturbations du trafic SNCF. A la mi-journée, la direction recensait 37,06% de grévistes, contre 49,85% selon la CGT-Cheminots. Les perturbations devaient être moins sensibles dans le métro parisien. Dans l’éducation, si les syndicats de la FSU annonçent 55% des grévistes dans le primaire et 45% dans le secondaire, le ministère de l’Education temporise avec un taux de 25,8% d’enseignants grévistes.

Mieux que le 7 septembre ?

Tous les responsables syndicaux disent s’attendre à une participation aux manifestations « similaire » ou « un peu supérieure » à celle du 7 septembre. A cette date, le nombre de manifestants s’était échelonné entre 1,12 million (ministère de l’Intérieur) et plus de 2,7 millions (CGT).

« On est déjà plusieurs dizaines de milliers. Aujourd’hui, il y a toujours autant de salariés opposés à la réforme des retraites, ça ne s’essouffle pas« , a dit Gisèle Vidallet, secrétaire générale de la CGT de la Haute-Garonne, au tout début de la manifestation de Toulouse. Son homologue chez Force Ouvrière, Joseph Bellanca, a confirmé son évaluation. Aucun chiffre n’était disponible de la part des autorités, et il était trop tôt pour toute comparaison avec la manifestation du 7 septembre. Ce jour-là, 110.000 personnes selon les organisateurs, 32.000 selon la préfecture, étaient descendues dans la rue.

Les manifestants se sont mis en marche de la rive gauche de la Garonne derrière une banderole proclamant « Ensemble, public, privé, non à ce projet de loi, oui à la retraite à 60 ans à taux plein ». Sous les bannières et les pancartes dénonçant le projet de réforme mais s’en prenant aussi durement à Nicolas Sarkozy ou ironisant sur l’affaire Woerth/Bettencourt, ils devaient traverser le fleuve pour se rassembler vers midi sur les vastes Allées Jean-Jaurès.

En Ile-de-France, la CGT a déjà affrété 188 cars pour la manifestation parisienne, contre 182 il y a quinze jours. L’inconnue réside dans la mobilisation des étudiants ou lycéens, peu nombreux dans les rues le 7 septembre. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a souhaité qu’ils rejoignent le mouvement.

« Le gouvernement est en train de douter »

Le ministre du Travail Eric Woerth a redit mercredi que « le coeur de la réforme », c’est-à-dire le recul de l’âge de la retraite, ne changerait pas, ces dispositions étant, selon lui, « justes et nécessaires ».

François Chérèque (CFDT) s’est déclaré « confiant » sur la suite des événements, relevant qu’au vu des enquêtes d’opinion, la protestation « est en train de gagner le soutien populaire ». Selon lui, le gouvernement « est en plein doute » sur les vertus de sa réforme qui affrontera l’épreuve du Sénat à partir du 5 octobre. Il y aura « encore de très grosses manifestations partout en France », pronostique-t-il.

« Les salariés nous disent que si le gouvernement ne change pas sa réforme, il faudra continuer parce que sa réforme est injuste », explique François Chérèque. « Le gouvernement est en train de douter sur sa détermination. Il y a cinq ou six sujets où le gouvernement dit qu’il va falloir changer, donc sa réforme est mauvaise et c’est l’ensemble de la réforme qu’il faut changer », a-t-il réclamé.

Quant à Bernard Thibault (CGT), il diagnostique « un ancrage plus important sur l’ensemble du territoire » du mouvement de protestation, avec 231 manifestations contre 213 le 7.

Pour ce qui est de la suite du mouvement, François Chérèque affirme : « on tranchera vendredi matin » lors de la réunion de l’intersyndicale.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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